Les ombres lumineuses, 2016- . [En développement

Chez nous, en droite ligne d’où je me tiens en passant par le centre de la Terre et par la route qui mène chez les Audettes, c’est le temps de la chasse. Les hommes doivent s’affairer à préparer fusils et les appâts. Ils rêvent au nombre de pointes qu’aura le prochain mâle et reconsidèrent leurs promesses d’être plus sages que l’année précédente.

Et je rêve à un milliard de perdrix dans le ciel de Pékin.

Les bêtes s’éveilleront dans les contreforts des Éboulements. L’appel retentira. Le sang se mêlera à nouveau à la terre, rouge et clair sous les embruns montant du fleuve. Ils marcheront les sentiers, comme le beau Bernard et Stéphane-Albert traquant la bête lumineuse, jugeant la valeur de chaque être à son aplomb, scrutant les taillis à la recherche de résidus mythologiques, d’un sens caché, de l’once de rhum qui déliera les langues et qui, une fois de plus, rendra la chasse possible.

Et je me demande à quelle terre le sang se mélange-t-il ici? Qui y est loup ? Qui y est proie ? À qui les gens dédient-ils leurs poèmes et en quels lieux les amitiés fraternelles se font et se défont-elles ?

Eux aussi doivent savoir comment rétablir l’ordre des choses. J’en suis sûr. Encore faudrait-il que je sois capable de leur demander…

Marchons.